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Japon

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Les pionniers du whisky japonais Cela fait à peine un peu plus d’une dizaine d’années que le whisky japonais fait parler de lui en Europe – suite à la médaille d’or reçue par Yamazaki en 2003 – mais en réalité, les japonais distillent du malt depuis près d’un siècle ! Si au début, pour les pionniers de Yamazaki, dont la distillerie a été créée en 1923, il s’agissait de se rapprocher le plus possible des whiskies écossais, le spiritueux nippon a su au fil des années se trouver son propre style, unique. A l’origine de cette « success story » à la japonaise, Masataka Taktsuru, considéré comme le pionner du whisky japonais. Fils de producteur de Saké et parti faire ses armes en Écosse où il apprend, en 1918, l’art de la distillation et de l’assemblage, Masataka reviendra au Japon en 1920, accompagné de sa compagne Rita rencontrée en Ecosse. En 1921, il quitte Settsu Shuzo, la distillerie qui l’avait envoyé en mission en Ecosse, et va alors s’associer à Shinjiro Torii, souvent considéré comme « l’autre » père fondateur du whisky japonais. Les deux amis ont ainsi pour but de développer un whisky adapté au palais de leur compatriotes. C’est à Shimamoto qu’ils trouveront l’emplacement idéal pour construire, en 1923, la distillerie de Yamazaki. Une décennie plus tard, Taketsuru décide de s’émanciper de son associé et fonde en 1934 la distillerie de Yoichi et sa propre marque, Nikka. L’ironie du sort fait qu’aujourd’hui, Yamazaki, qui appartient au groupe Suntory, n’est autre que le plus gros concurrent de Nikka.

Des Blends haut de gamme Lorsque l’on parle de whisky, on parle souvent de la législation qui entoure la production, la promotion et l’étiquetage du spiritueux, comme par exemple en Écosse où les règles sont on ne peut plus strictes (et l’objet de bien des débats à l’heure actuelle !). Cependant, au Japon, la législation autour du whisky est encore très floue. S’il est impossible d’appeler « whisky » un spiritueux embouteillé à moins de 40° en Europe, il est tout à fait possible de trouver un whisky titrant à 39° au Japon… Il est donc parfois difficile pour le néophyte de s’y retrouver, surtout quand on sait qu’il est tout à fait possible de commercialiser un whisky japonais en réalité distillé au Canada… Les discussions avancent quant à la nécessité d’une véritable loi encadrant la production japonaise, mais pour l’instant, restez vigilants ! Par ailleurs, les japonais ont su rendre au « blend » ses lettres de noblesse. Bien souvent délaissés par les amateurs au profit des single malts qu’ils considèrent plus qualitatifs et dotés de plus de caractère, les blended whiskies japonais se distinguent par leur légèreté, leur équilibre et leur richesse. Au pays du Ying et du Yang, la culture de l’assemblage et le soin apporté aux blends relèvent presque de l’orfèvrerie. Finalement, ce sont les ressources naturelles exceptionnelles, le climat unique, l’existence de tourbières et évidemment le savoir-faire multiséculaire des japonais en matière de distillation qui font du whisky japonais un produit unique que tout amateur de whisky saura apprécier.

En quelques années, le Japon est passé du statut de "jeune espoir" à celui de pays producteur de whisky à part entière ; devenant ainsi le quatrième pays à intégrer le cercle très fermé des pays du whisky Deux groupes se partagent la scène : le géant Suntory, propriétaire des distilleries Yamazaki et Hakushu, créateur du célèbre blend Hibiki, immortalisé par le film de Sofia Coppola (Lost in Translation), et le groupe Nikka, propriétaire des distilleries Yoichi et Miyagikyo. À la différence des distilleries écossaises, les japonaises doivent, pour produire leurs blends, être "autosuffisantes". Aucun transfert de stock de whisky ne s'effectue entre les deux groupes. Ainsi, les blends du groupe Nikka, à l'instar des blends du groupe Suntory, sont essentiellement élaborés à partir de whiskies de malt et de whiskies de grain distillés et vieillis par les distilleries appartenant aux groupes respectifs.